# Posté le jeudi 4 novembre

La vie continue son cours. Je ne sais pas si c’est la saison qui inspire cet état d’esprit mais je me sens si las. Le soir, un grand silence enveloppe Compiègne, le silence de l'automne, avant-coureur du sommeil hivernal.

J’ai du mal à me concentrer en fin de journée, je m’affale sur mon lit pour sombrer dans le sommeil et ne me réveiller en sursaut qu’à partir de 22h. Le plus épatant étant ma capacité à battre les heures de sommeil habituelles de Clément. J’ai l’impression de gâcher mon temps. Je feuillette quelques pages de mon polycopié de statistiques, histoire de me donner bonne conscience, mais le langage algébrique et les énoncés de théorèmes fondamentaux me donnent la migraine.

Certains parmi nos enseignants disent trouver de la beauté dans ces équations, une beauté froide, austère et épurée comme les lignes rigoureuses d'une sculpture, avec pourtant le sublime et l’énergie d’une symphonie de Beethoven. À les entendre, j’en deviendrais jalouse de leur plaisir à la manipulation des nombres et des symboles, mais elle ne s’offre apparemment qu’à ceux qui ont le courage d’approfondir cette science nébuleuse. Je me demande alors comment une suite de Fibonacci pourrait être comparable à un concerto pour piano et orchestre de Chopin, mais l’idée qui s’en échappe reste belle. Car sans la musique, la vie serait une erreur, disait Nietzsche. Cela étant, face au déclin tardif du jour, je me plonge dans une autre sorte de lecture abstraite, dans le Crépuscule des Idoles.

XIV