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# Posté le jeudi 18 novembre
Le voisin entame ses travaux, le cri strident de la perceuse visseuse me perfore les tympans et me réveille. Je sens que je vais être de fort mauvaise humeur.
Avant que je ne lâche un juron, le bruit s’interrompt.
Sur ce, je referme les yeux paisiblement en tentant de retrouver le sommeil. Puis le calvaire recommence, voilà que ce sont les scies, et autres engins mécaniques qui viennent fanfaronner et faire trembler les murs.
Je serre les dents de rage avec les bruits qui résonnent dans ma tête. J’ai des envies de meurtre, des pulsions bestiales me traversent l’esprit. Je m’imagine m’introduire chez le voisin, lui arracher la perceuse électrique des mains et actionner l’engin contre son crâne.
Pauvres voisins que nous sommes, ayez pitié. Pas étonnant que les gens deviennent fous pendant ces périodes d’isolement. Quand bien même nous ne côtoyons personne, nous ne supportons plus l’activité d’autrui. Il est 7h du matin, je n’ai pas la force de me lever, ni d’aller étrangler le voisin.
Peut-être se venge-t-il de la soirée de la dernière fois avec Clément.
Par dépit, j’attrape un livre au hasard sur ma table de chevet, en arrache une page sans vergogne, en lit quelques bribes par curiosité, il s’agit d’un poème de Prévert, Chanson de l’oiseleur.
Je coupe la page en deux puis froisse les deux morceaux de prose que j’enfonce dans mes oreilles.
Avec un peu de chance, j’entendrai le chant des oiseaux.