# Posté le samedi 20 novembre

Il fait un froid de gueux. Aucunement envie d’aller me remplir une attestation de sortie pour aller choper une pneumonie. Je reste désormais coincée dans ma forteresse, emmurée, enclavée. Je suis le Fabrice emprisonné du haut de sa Chartreuse, encore faudrait-il pour cela que je prenne goût au paysage, car notre héros se laissait charmer par les douceurs de la prison. Ici, nous ne sommes point face aux chaînes des Alpes qui surplombent Parme, Compiègne ne relève pas le défis. Et ce n’est sûrement pas avec mon voisin de palier que j’établirai un langage amoureux à mes heures perdues.

Il me faut adopter une nouvelle vision de la vie. Un autre regard.

Je pense aux solitaires et je les admire. Ceux qui éprouvent un amour farouche de la solitude. Ceux qui souffrent de la multitude.

Peut-être est-ce là, la véritable aventure. Celle qui consisterait à se découvrir soi même, à faire l’expérience de sa vie intérieure ? Il y aurait un lieu mental où se replier, des remparts symboliques, une base de repli : la .

Je vais enfin savoir si j’ai une vie intérieure.

XXIV