# Posté le samedi 25 septembre

J'allume Discord. Je n'utilise plus que ça et loin est le temps où mon portable servait avant tout à envoyer des SMS. "Cheeseweed" est connecté. Cheeseweed, c'est Raphaël, mon copain. Ça fait environ 3 ans qu'on sort ensemble ... A distance, plus ou moins. Ma mère n'arrête pas d'insister que ce n'est pas une vraie relation : Les couples, ça dort ensemble, ça s'embrasse régulièrement, et s'engueulent pour savoir qui va faire la vaisselle. Nous, on a pas le luxe de se disputer pour un rouleau de papier toilettes car on ne vit pas ensemble. Forcément, monsieur fait ses études sur Tours, et si vous avez eu plus de 8/20 en géographie au baccalauréat, vous devriez savoir qu'il y a quelques kilomètres entre lui et moi. Une situation complexe, mais on a appris à faire avec. La technologie nous rapproche; après tout, c'est elle qui nous a fait nous rencontrer par l'intermédiaire d'une partie de jeu de rôle en ligne. La partie s'est terminée, mais je suis resté en contact avec "Cheeseweed". Cheeseweed est devenu Raphaël, puis Raphaël est devenu mon copain.

Cheeseweed, ça veut dire Mauve en anglais. Mauve comme la fleur. N'y voyez pas un quelconque élan poétique, le choix de ce nom réside principalement dans le mot Cheeseweed qui est, il faut l'avouer, cocasse. Raphaël est comme ça : il s'amuse des choses insolites de la vie. Moi aussi, alors on rigole bien ensemble.

Quand j'ouvre Discord, son avatar (un panda stylisé qui mange un burger) est orné d'une petite pastille verte.

Il est en ligne !

Je m'empresse de lui envoyer quelques messages, lui demandant s'il est libre ce soir, si je peux l'appeler. J'ai des bonnes nouvelles, et je veux lui en faire part !

... Mais visiblement, cet élan de joie attendra un peu, puisqu'il ne répondra que vers une heure du matin, pile au moment où j'allais me coucher. Je ne peux pas lui en vouloir, le futur médecin qu'il est doit avoir une sacré dose de travail tous les soirs. On échange tout de même quelques messages, quoique ceux-ci sont peut-être un peu banals. Demain, il s'autorise à aller voir quelques amis de longue date qu'il n'a pas vu depuis des lustres. Je suis contente pour lui.

Je lui dis que je l'aime, et il me souhaite "". Il finit toujours ses phrases par "~", une sorte de signature personnelle. J'aime bien. Non, en fait, j'aime tellement que je l'utilise maintenant moi aussi. Une sorte de mimétisme numérique dont je fais preuve parfois : Je m'accapare la façon d'écrire des gens que j'aime, à défaut d'en avoir une personnelle.

Sur ces derniers mots, à demain ~

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