"De nombreuses méthodes d’imagerie diagnostique conventionnelles telles que le scanner, l’échographie, et l'Imagerie par Résonance Magnétique (IRM) fournissent des informations utiles sur l’anatomie des tissus mous mais ne permettent pas de mesurer leur raideur. Seule la palpation, pour le moment, est un outil clinique efficace pour estimer la dureté du tissu et ainsi détecter des cancers localisés dans des régions accessibles du corps. En vue de développer une méthode pour imager quantitativement la raideur de tissus mous (foie, rein, sein, cerveau) au-delà de la portée de la main du médecin ou encore les propriétés mécaniques des muscles, une nouvelle technique d’imagerie, non invasive, a été développée sous le nom d’Elastographie par résonance magnétique (ERM). La technique ERM utilise la technologie de l’Imagerie par Résonance Magnétique (IRM) et pourra ainsi être un examen complémentaire ou alternatif, notamment lorsqu’une IRM est prescrite."
"Je mène actuellement en parallèle différentes thématiques de recherches avec la technique ERM. Une première étude a consisté à mesurer la raideur hépatique chez des sujets sains et des patients alcoolo-dépendants, en collaboration avec la Mayo Clinic (Rochester, USA), le Centre Hospitalier de Compiègne et son unité d’alcoologie. Des protocoles sont actuellement en cours de développement, avec le soutien de la région Picardie, au sein du service de radiologie de la Polyclinique Saint Côme afin de définir simultanément la raideur de l’ensemble des tissus de l’abdomen (rein, rate, foie,…). Le deuxième axe de recherche concerne la caractérisation des propriétés mécaniques des muscles de la cuisse qui ont été déterminées en fonction de l’âge (de 8 à 60ans) et pour des enfants atteints de la myopathie de Duchenne en collaboration avec l’Institut de Myologie."
"Il est important pour les cliniciens d’avoir des moyens objectifs d’évaluation de la raideur des tissus, et la technique ERM va permettre de caractériser les propriétés mécaniques des muscles ou la raideur du foie et donc d’aboutir à :
>> des mesures quantitatives fournies aux cliniciens et qui seront directement corrélées à l’anatomie des tissus mous via les images IRM.
>> un suivi de l’effet des traitements et des thérapies.
>> une évaluation des thérapeutiques mises en œuvre.
>> une amélioration de notre compréhension des changements de raideur ou propriétés mécaniques afin de mettre en place des traitements personnalisés.
>> une amélioration de notre connaissance sur la pathogénie de certaines maladies."
"Le tissu musculaire est un axe majeur de recherche et de prévention et notre connaissance sur des changements musculaires au cours de maladies et traitements reste encore incomplète. Ainsi, le développement d’une nouvelle technique non invasive in vivo qui pourrait fournir des informations sur un muscle en contraction sera essentiel pour l’avancée de notre compréhension du tissu musculaire. Actuellement il existe des dispositifs ergométriques permettant de caractériser la force musculaire développée par un ensemble de muscles tels que ceux du quadriceps, mais aucune technique ne permet de caractériser individuellement un muscle en corrélant son architecture musculaire à ses propriétés mécaniques."