Comment les images viennent à nous – Journée doctorale, lundi 15 avril 2013

Comment les images viennent à nous

Journée doctorale

Lundi 15 avril 2013

9h30 – 12h30 // 14h – 17h

62 boulevard de Sébastopol, locaux de l’UTC à Paris

Les Laboratoires CARISM (IFP, Paris 2) et GRIPIC (CELSA, Paris 4) organisent chaque année une rencontre doctorale autour d’un thème qui fédère les recherches de plusieurs de leurs doctorants. Ils associent cette année le COSTECH (UTC) afin que toutes les équipes d’accueil en Sciences de l’information et de la communication du PRES Sorbonne Universités soient représentées.

Comment les images viennent à nous ? Le mot image est entendu au sens large : documents audiovisuels, photographie, cinéma, supports à modalités plurielles sur le Web…

Comment donc les images sont pensées en amont pour des publics : conditions de production, économie des images, conditions de leurs diffusions ? Comment se soumettent-elles à l’interprétation des publics ? Quelles sont leurs intentions et leurs conventions, les rituels qu’elles convoquent quand elles sont partagées ? Comment les sciences sociales pensent-elles cette traversée des objets médiatiques qui vont du lieu de leur production à leur lieu de réception…

Rencontre présentée par Frédéric LAMBERT (directeur CARISM) Laurence MONNOYER SMITH (directrice du COSTECH) Adeline WRONA et Karine BERTHELOT GUILLET (responsables du GRIPIC)

Guillaume SIRE -Paris II, Sorbonne Universités Equipe d’accueil 2293 : Centre d’analyse et de recherches interdisciplinaire sur les médias (CARISM)

Les images dans la focale des moteurs de recherche

Les moteurs de recherche, et Google en particulier (92% des parts de marché en France), ont pour vocation d’indexer et d’ordonner les documents publiés en ligne. Ils sont devenus des carrefours  incontournables dès lors qu’un producteur souhaite que son document soit consulté par une audience la plus large possible. Comment les images peuvent-elles traverser ce prisme ? C’est la question que nous proposons de traiter ici, en nous intéressant en particulier aux méta-informations qui peuvent être attachées aux images dans le but qu’elles soient référencée d’une part, mais aussi pour contrôler les conditions de leur indexation et les modalités de leur diffusion, et pour tenter, enfin, d’optimiser leur référencement. Après avoir présenté le cadrage disciplinaire et théorique qui nous permet de traiter de tels objets, nous analyserons les quatre principaux moyens de communication image/moteur : le fichier « Robots.txt », les SiteMaps XML, les Méta-tags et les Rich Snippets.

Clément MABI – Université de technologie de Compiègne (UTC) Equipe d’accueil 2223 : Connaissance, Organisation, Systèmes techniques (COSTECH)

Quand le dispositif de médiation « donne à voir » un objet technoscientifique

Notre travail doctoral cherche à comprendre pourquoi des acteurs se sentent suffisamment concernés par une question, à un moment donné, pour s’impliquer dans sa discussion. Nous cherchons à comprendre comment se construit le « concernement » des participants dans les dispositifs de démocratie dialogique. Ainsi, se sentir concerné impliquerait la création d’un lien entre l’objet technoscientifique mis en débat et ses publics. Notre hypothèse principale est que cette relation est rendue possible par un ensemble de médiations qui permettent aux publics d’avoir accès aux objets débattus et de s’en construire une définition. En fonction de leur configuration les dispositifs de médiation n’offriraient pas de prises sur toutes les dimensions des objets technoscientifiques et favoriseraient l’engagement de certains acteurs en fonction des facteurs de concernement activés par le cadrage proposé et le design de la procédure permettant de les discuter. Dans notre intervention, nous souhaitons montrer qu’il est heuristique d’analyser « d’un point de vue communicationnel » (Davallon, 2004) la mise en procédure dialogique d’un objet technoscientifique pour saisir comment ce processus dynamique participe à la construction des publics venus discuter sa définition. Cette réflexion sera illustrée par une étude de cas sur un débat public organisé par la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) sur un projet de parc éolien offshore. Comment les éoliennes sont-elles « données à voir » aux publics par le dispositif ? La médiation contribue-t-elle à fabriquer son public en fonction de la définition de l’objet proposée ?

Jean-Christophe PLANTIN – Université de technologie de Compiègne (UTC) Equipe d’accueil 2223 : Connaissance, Organisation, Systèmes techniques (COSTECH)

Comment la visualisation vient au chercheur : pour une généalogie des données de la recherche en SHS

L’émergence du champ des Digital Humanities, avec leur accent sur le traitement visuel de données numériques, renforce la nécessité d’un débat sur les outils de visualisation en SHS. Cette communication vise à appliquer cette distance critique envers l’image aux étapes précédant celle-ci : nous faisons l’hypothèse que la mise en avant des étapes de construction des données préalables à leur visualisation permet de neutraliser les effets de naturalisation, de resémantisation et de révélation qui se retrouvent dans les outils visuels. Cette mise en avant des étapes de construction des données participe d’une réflexion plus large sur la migration d’outils entre différentes sciences, ici des sciences exactes vers les SHS, avec les réajustements épistémologiques nécessaires. Une sélection de cartes géographes utilisées dans le cadre de projets de Digital Humanities nous permettra de proposer une liste des « bonnes pratiques » pour conférer une saillance à la construction des données en SHS.

****Pause déjeuner ****

Juliette Charbonneaux – Paris IV, Sorbonne Universités Equipe d’accueil 1498 : Groupe de recherches interdisciplinaires sur les processus d’information et de communication (GRIPIC)

L’histoire franco-allemande au quotidien. Images d’hier dans Le Monde et la Frankfurter allgemeine Zeitung

« Toujours, devant l’image, nous sommes devant du temps ». Suivant cette affirmation de Georges Didi-Huberman, nous proposons d’interroger le temps donné à lire par les images du journal quotidien afin de saisir le rapport que celui-ci entretient au temps long, au passé.

Le périodique quotidien, fait de « présents qui s’effacent les uns les autres » (Mouillaud-Tétu), et les images d’histoire semblent a priori « tournés dans deux directions opposées du temps ». Pourtant, pas de grand quotidien sans son service des archives dans lequel la rédaction va piocher régulièrement de quoi nourrir sa production d’actualité. Partant de ce constat et écartant l’idée d’une incompatibilité entre ces deux régimes de temporalité, nous envisageons le support de presse quotidien en moteur d’actualisation d’images du passé et en terrain de ce fait favorable à leur survivance.

Henri DANEL – Paris IV, Sorbonne Universités Equipe d’accueil 1498 : Groupe de recherches interdisciplinaires sur les processus d’information et de communication (GRIPIC)

La circulation des reproductions de Fontaine de Marcel Duchamp : l’élaboration polyphonique de la valeur d’une œuvre d’art

Depuis sa création en 1917, Fontaine de Marcel Duchamp a connu une destinée particulièrement contrastée. Après un scandale qui n’a pas concerné plus d’une cinquantaine de personnes (l’Affaire Richard Mutt), Fontaine a été oubliée pendant près de trente ans, avant de bénéficier d’un regain d’intérêt, jusqu’à devenir une des œuvres les plus célèbres et les plus commentées du 20ème siècle. Comme pour toutes les œuvres d’art passées à la postérité, en particulier celles que l’on peut considérer comme des icones de l’art telles que La Joconde ou Les Demoiselles d’Avignon, les reproductions photographiques de Fontaine ont beaucoup circulé. Nous analyserons le cas des reproductions photographiques de Fontaine, qui permet de considérer différents régimes de valorisation de cette œuvre : une valeur testimoniale liée à la dimension icono-indicielle de la photographie, une valeur esthétique par la magnification des propriétés formelles de l’artefact par l’image photographique, une valeur mythique produite par un processus de stéréotypage.

Heloïse BOUDON – Paris II, Sorbonne Universités Equipe d’accueil 2293 : Centre d’analyse et de recherches interdisciplinaire sur les médias (CARISM )

Rendre visible une affaire politique dans une série télévisée : l’exemple de l’ « affaire Karachi » et Reporters.

Le 8 mai 2002, quatorze expatriés français, travaillant dans les chantiers navals, perdent la vie dans l’attentat de Karachi, au Pakistan. Aussitôt, les autorités locales et françaises évoquent l’hypothèse d’un attentat islamiste, bien qu’un faisceau de constats orientent l’enquête vers une affaire politico-financière. En 2009, la chaîne Canal + diffuse la deuxième saison de sa série Reporters, produite et écrite par des journalistes, mettant en scène, à demi-mots, ce qui est devenu « l’affaire Karachi ». En effet, la fiction propose une interprétation politique de cet événement, accréditant la thèse de représailles à la suite de l’arrêt de rétro-commissions. Il s’agit, dans cette intervention, de déterminer le rôle que peut jouer la fiction dans la mise en scène et la mise en visiblité de problèmes publics . Pour ce faire, nous fondant sur le cadre-analyse d’Erving Goffman, nous étudierons la modalisation et la fabrication de la réalité dans la fiction et évaluerons sa fonction d’opérateur au sein de l’arène publique.

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