Réseaux électriques intelligents

Manuela Sechilariu

En ville, la transition énergétique devrait passer par la multiplication des panneaux photovoltaïques, voire des microéoliennes, et des véhicules électriques. Problème : "Le réseau électrique national n'a pas été conçu pour absorber l'énergie provenant d'une multitude de sources décentralisées et intermittentes et ne pourra pas résister aux pics de consommation que provoquerait la recharge simultanée de millions de voitures en journée, souligne Manuela Sechilariu, directrice du laboratoire modélisation multi-échelle des systèmes urbains (Avenues) de l'UTC. La seule solution est de consommer sur place l'électricité renouvelable produite localement, y compris pour la charge des véhicules. C'est l'enjeu des microréseaux électriques intelligents sur lesquels nous travaillons."

À l'UTC, Avenues a mis en place un réseau de ce type à l'échelle d'un bâtiment. Il associe une microéolienne, des panneaux photovoltaïques, un générateur diesel et des moyens de stockage de l'électricité. Mais, surtout, il s'appuie sur des outils informatiques permettant de prédire la consommation et la production éolienne et solaire en fonction des prévisions météo, et de réguler intelligemment l'offre et la demande en temps réel : alimenter au maximum le bâtiment avec l'électricité renouvelable, stocker les surplus plutôt que les injecter sur le réseau de distribution, puiser dans les batteries ou déclencher le générateur diesel quand les sources intermittentes font défaut... Et ne basculer la charge sur le réseau national qu'en dernier recours, de préférence aux heures où l'électricité est moins chère.

"L'objectif, avec cette plate-forme, est de tester la faisabilité des microréseaux intelligents, explique Manuela Sechilariu. Pour l'instant, une des principales difficultés concerne les modèles des météorologistes. Les prévisions d'irradiation solaire, par exemple, sont loin d'être assez précises pour optimiser en temps réel la conduite d'un microréseau intégrant une production photovoltaïque."

Avenues a également étendu l'expérimentation à la recharge des véhicules électriques, avec un second microréseau alliant une ombrière photovoltaïque installée sur neuf places d'un parking de l'UTC et des moyens de stockage. Là encore, il s'agit de développer une interface intelligente pour privilégier l'utilisation de l'électricité solaire, mais aussi pour communiquer avec les propriétaires des véhicules et savoir s'ils acceptent de passer de charge rapide en charge moyenne ou lente quand la production photovoltaïque n'est pas suffisante ou que le tarif de l'électricité du réseau national est élevé.

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