Sûreté de fonctionnement

Walter Schön

Maîtriser les comportements des systèmes technologiques pour éviter les défaillances préjudiciables à leur fiabilité, à leur disponibilité et plus encore à leur sécurité. C'est tout l'enjeu de la sûreté de fonctionnement... "Et un des grands défis du véhicule autonome, souligne Walter Schön, chercheur au laboratoire heuristique et diagnostic des systèmes complexes (Heudiasyc) de l'UTC. Sauf à rouler en site propre, ces voitures devront en effet gérer des situations complexes, particulièrement en ville : prendre les bonnes décisions face à un flot hétérogène de véhicules et à toutes sortes d'imprévus (un deux-roues qui grille un feu, un piéton qui traverse au rouge...). Pour cela, leur système de pilotage automatique fera appel à de l'intelligence artificielle. Or, garantir la sûreté d'un logiciel à base d'intelligence artificielle reste très compliqué."

Heudiasyc, qui a fait du véhicule autonome un de ses thèmes prioritaires de recherche, s'est attaqué à cette problématique clé. Objectif ? Analyser la conception de systèmes de ce type avec des méthodes appropriées, pour proposer si besoin des adaptations renforçant leur sûreté de fonctionnement. Mais aussi étudier un composant de sécurité indépendant du pilote automatique, qui surveillerait son comportement et interviendrait en cas de problème : par exemple, en empêchant le véhicule d'accélérer s'il a atteint la vitesse limite.

Un challenge, car un tel dispositif devra pouvoir détecter des situations dangereuses là aussi extrêmement variées et souvent complexes : un changement de file risqué, une vitesse trop élevée à l'approche d'un obstacle... "Pour l'instant, nous sommes très très loin du but, reconnaît Walter Schön. On peut certes considérer qu'en cas de défaillance du pilote automatique, l'automobiliste reprendra la main. Mais si la situation est vraiment périlleuse, il ne parviendra pas forcément à maîtriser le véhicule. De plus, à partir du moment où il déléguera la conduite à un système robotique, il sera sans doute moins vigilant que s'il conduisait lui-même. A mes yeux, en tous cas, les véhicules autonomes resteront inacceptables tant qu'ils ne feront pas mieux que l'humain en toutes circonstances. Et nous avons encore bien des verrous à lever pour y parvenir."

Revenir au menu