# Posté le mardi 21 décembre

80 ans.

Je ne tarde pas à rejoindre l’Alsace pour les vacances. De plus, ma tante est ravie de m’héberger chez elle à Haguenau. Je rendrai quotidiennement visite à Domitille.

Je prends le train dans la journée.

En début de soirée, je la retrouve dans sa chambre d’adolescente au papier peint fleuri et parquet fraîchement ciré, à la fenêtre on perçoit une enfilade de toits de tuiles légèrement saupoudrés de neige fine, on se croirait dans une authentique carte de vœux. Alitée mais presque apaisée, dans une de ses heures de clairvoyance, elle me déclame avec solennité :

“C’est surprenant la vie. La mort, elle, est délicieuse : on n’a plus peur de rater son train, on n’a plus d'examens, on n’a plus de chagrins d’amour. Puis au final, c’est une grande chance que de mourir, ça prouve qu’on a vécu. “

XXXVIII