# Posté le mercredi 22 décembre

85 ans.

Il neige depuis 6 heures. L’air est comme rembourré d’ouate. Au dehors, les maisons aux colombages et les rues Alsaciennes sont ensevelies. Les lampadaires sont coiffés de chantilly et les géraniums sont parsemés de sucre glace.

Avec Domitille nous bénéficions de l’autorisation d’une brève sortie dans le quartier. Alors nous en profitons pour arpenter ce décor de maison de poupées, déboucher sur la place Kléber et son fameux marché de Noël. Un gigantesque conifère habillé d’or et de lumière y vient surplomber la ville. Ce moment d’égarement ne doit pas me faire oublier le bras fragile de mon amie que je soutiens attentivement, celle-ci trébuchant si facilement sur les pavés enneigés.

Chaque geste, chaque instant d'inattention est un risque. J’ai peur de ne pas pouvoir maîtriser d’autres situations. La foule s’active sur les stands, les enfants courent et bousculent les passants, le bruit des tramways et des pétards nous désorientent, les graves timbres des cloches de la cathédrale de Strasbourg retentissent… En moi résonne le danger.

Je rebrousse chemin et ramène mon amie exténuée à la maison, à deux pas de là.

XXXIX