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# Posté le samedi 25 septembre
Clément et moi avons tous deux à peu près la vingtaine, j’étudie à l’Université Technologique de Compiègne tandis qu’il fait son cursus d’ingénieur à l’Escom (Ecole Supérieure de Chimie Organique et Minérale) où il est principalement investi dans la filière chimie.
Tous deux sommes en colocation depuis deux années dans une petite bicoque de Compiègne, rue de Clamart, non loin du centre. Nous nous y sentons fort bien, une grande cuisine, un petit jardin en arrière court surmonté de son petit poulailler et de quelques châtaigniers. Que demande le peuple !
Un délice pour nous le matin de venir cueillir les œufs fraîchement pondus par nos deux belles poules que nous avons affublées des prénoms ridicules de Gertrude et Georgette.
De temps en temps, des fraises font leur apparition dans les touffes de verdure au fond de la cour.
Et le premier levé, le premier servi !
Je viens donc frapper à sa porte. Ne réceptionnant pas de réponse, je m’introduis dans son antre de façon assez intrusive, car la discrétion n’est malheureusement pas mon point fort, et aperçois l’ours ronfler paisiblement sous sa couette. Vautré dans des draps chauds et douillets, Clément ouvre nonchalamment un œil, à moitié conscient. Contre toute attente, il me remercie de l’avoir éveillé d’un étrange cauchemar. Si je résume bien son mauvais rêve quelque peu loufoque, il était poursuivi par des frites géantes, coiffées de Ketchup et des steaks hachés colossaux bien saignants. Il avait malencontreusement fait une manipulation fatale dans un de ses laboratoires, conduisant ainsi son expérience au chaos. Une violente explosion et un long pinceau blafard avaient jailli sans prévenir. Les habitants de la ville de Compiègne, sous les retombées toxiques radioactives et les lieux contaminés, s’étaient tous transformés en aliments disproportionnés décidés à lui faire la peau. Sur ce, j’espère que ce récit n’aura point effrayé oncques lecteurs, car le visage de mon pauvre colocataire est encore timoré par ses péripéties. Soulagé d’avoir partagé ses mauvaises aventures, il prend à son tour de mes nouvelles. Pendant ce temps-là, il s’extrait de son duvet, pour aller récupérer ses lunettes posées sur le bureau, ou plutôt le débarras, à côté du lit. Il porte un maillot de bain Pepe Frog recyclé en short de nuit ainsi qu’un tee-shirt un peu craignos de Bart Simpson s’entamant un gros joint, les yeux complètement défoncés, et sur lequel est écrit Relax to the max. Il ne le porte qu’en guise de pyjama, il ne l’assumerait pas ostentatoirement devant ses enseignants.
Visiblement heureux pour mon sort, il vient me faire un câlin un peu brutal et balourd qui me soulève du sol. Heureusement, j’ai les os costaux.
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