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# Posté le dimanche 7 novembre
Il est une heure du matin, je finalise les quelques phrases rédigées pour mon rapport TD de FQ01 à rendre incessamment sous peu. Puis c’est le sommeil qui m’attaque, mes yeux brûlent et se dessèchent. J’éteins donc mon PC, ainsi que l’éclairage ambré de la lampe à incandescence grésillant, devenu corrosif à cette heure tardive de la nuit.
Soudain, la pièce se retrouve plongée dans une demi-obscurité, où seule la brise du soir d’un mois de novembre vient tourmenter ce calme sépulcral en soufflant un murmure invisible qui flotte sur l'épaisseur de la nuit.
La fenêtre est ouverte, et malgré les prémices d’un hiver imminent, l’air est tiède et a l'odeur de la terre mouillée frémissante de nématodes. Celle que l’on sent après le passage d’un orage, rendant l’atmosphère nocturne particulière. Ce parfum délicat vient d’une huile sécrétée par les plantes, notamment appelée petrichor, lors des périodes sèches, que les sols et roches argileux absorbent avidement. Cette substance est caractérisée par des composants volatils qui peuvent être libérés sous forme d’aérosol et transportés par le vent vers les zones environnantes. Je n’ai pas ressenti l’humidité de l’atmosphère dans la journée, mais les effluves de petrichor m’alertent de l’imminence d’importantes précipitations. La pluie ne tarde pas à tomber dans les minutes qui suivent, étalant ses immenses traînées ainsi que des nuages d’un gris ténébreux. La fenêtre ouverte, je me penche pour sentir couler les perles translucides sur mon visage, comme si quelque part, elles purifient mes pensées, et m’accordent une sorte de recueillement. Le bruit des clapotements des gouttelettes apaise le cours de mes pensées pour ne ressentir que les minuscules points glacés qui effleurent la paume de ma main.
Une fraîcheur opaline vient tout à coup faire scintiller les larmes frétillantes du ciel sous cette pénombre brumeuse. À travers les nuages se dégage un disque parfaitement rond et chromé. L’astre nocturne semble mélancolique, l’ombre des cratères de sa surface fait naître un visage maussade qui jette un regard pensif sur le monde endormi.
S’il avait été là, Clément m’aurait dit que la lune a fait de mauvais rêves.
Peut-être se sent-elle isolée, elle aussi, seule sur sa trajectoire elliptique, aux extrémités de l’espace cislunaire. Parée d’un voile satiné, elle s’offre imposante et inatteignable.
Pourtant, je ne me suis jamais sentie aussi proche d’elle.