# Posté le mardi 9 novembre

Ce soir, ce n’est pas le ciel que je regarde, mais le bout de la rue. J’imagine voir Clément arriver le sac sur le dos, marcher, éreinté à la sortie d’un TP de quatre heures. Des fioles et des tubes à essais pleins la sacoche. Je l’imagine, avec sa frimousse de fripouille, faire des expériences dangereuses dans l’arrière cour de la maison. Je le revois tenir à bout de bras ses courses au bout de l’allée en traînant des pieds, à s’arrêter un moment pour reprendre son souffle, puis ensuite se dépêcher de rentrer avant que la pluie d’hiver ne vienne mouiller ses provisions. Je l’entends encore gueuler sur la voisine qui grogne en agitant sa canne. Je sens encore vibrer ses pas sur les escaliers du porche, prêt à ouvrir la porte.

Mais la serrure ne bouge pas et le silence résonne en creux dans mes oreilles.

Je reste là, le front collé sur la fenêtre et la buée ne tarde pas à se répandre sur la vitre. Les gouttes de vapeur commencent à perler le long du verre et c’est mon reflet que je vois pleurer.

XVII