# Posté le mardi 14 décembre
Aujourd’hui, c’est un cours sur les récits interactifs en distanciel. Le prof parle de la contingence de la vie, des utopies technologiques, et de la confrontation avec l’altérité lorsque nous sommes absorbés dans une histoire narrative. Que, selon Paul Ricoeur, la finalité de notre vie serait de saisir notre identité narrative. Que cela soit, par exemple, à travers un roman d’apprentissage : il s’agit de grandir avec le protagoniste.
En projetant ce conseil sur Mme Bovary, j’ai plutôt l’impression d’apprendre à mourir. Si prise d’empathie pour le personnage, j’en ai encore le goût de l’arsenic dans la bouche.
Qu’en a-t-il à retenir?
La vie est le néant, la médiocrité, la futilité. Il ne se passe rien, les personnages ne se disent rien.
Flaubert aussi était déprimé.
Ma conclusion : l’écriture est un exorcisme. Ainsi, le lecteur serait amené, en quelque sorte, à « prendre en charge » la souffrance de l’auteur…
C’est justement en lisant des livres psychologiques avec des personnages attaqués par la mélancolie et la dépression que le lecteur morose s’en retrouve ressuscité : il ne se sent désormais plus seul emporté dans l’ouragan du spleen. Le témoignage des autres est une délivrance.
Et puis il y a ceux qui ont la grâce de vous extirper de l’engrisaillement de la vie, ceux qui parviennent à réenchanter votre vie intérieur à travers leur imagination. Comme le dit et l’illustre si bien M. Bouchardon : “Il faudrait vivre la vie comme un poème”.