# Posté le mercredi 29 septembre

Assise sur les chaises de la bibliothèque universitaire, je mire la pointe du clocher de l'hôtel de ville de Compiègne, seul édifice éminent du panorama qui s'offre à moi. La fine pointe au loin semble s'élever dans les airs, telle l'effusion d'une flèche, illusion d'optique je l'espère. Les couchers de soleil sont toujours spectaculaires du haut des cinq étages de l'université, dont la vue porte sur toute la commune Compiégnoise.

Le déclin du jour fait briller les reflets sur les fenêtres selon l'incidence des rayons lumineux, et la ville crépite sous un ciel qui se transperce de traînées roses phosphorescentes.

M'arrachant de force à ce spectacle chatoyant, je rédige les dernières questions de mon devoir maison sur l'algèbre linéaire.

Je lui rapporte des petites boules de graisse, l'idée m'étant soudainement venue en faisant mes courses ce matin au supermarché du coin. Interloquée, elle me regarde m'approcher de la balustrade qui devance sa fenêtre. J'y accroche la boule de graines avec fermeté puis referme la vitre avant que le froid ne s'engouffre goulûment.

Quelques instants plus tard, une ravissante mésange vient funambuler timidement sur la rambarde pour finalement venir se bercer sur la sphère appétissante de céréales concassées.

À la vue du piaf qui picore avidement le grain huileux, une joie d'émerveillement se répand sur le visage de Nanou. Celle que l'on ressent enfant, lorsqu'en ouvrant les volets au réveil, la neige a tapissé le paysage d'un blanc immaculé.

Aujourd'hui j'ai fait une heureuse.

Comme quoi, le bonheur peut être fugace comme le frémissement des oiseaux.

II