# Posté le mercredi 29 décembre

Nanou est alitée depuis ce matin, alimentée sous tuyau, son visage pâle est endormi, ou sous anesthésie. Ses yeux s'agitent sous ses paupières. Je coiffe doucement ses cheveux fins avec le peigne de sa trousse de toilette. Ses traits se détendent peu à peu, puis le sommeil se fait plus apaisé. Parfois, elle émet des marmonnements confus, peut être communique-t-elle dans ses rêves ou cherche-t-elle vraiment à me parler. Pour lui témoigner de ma présence, je prends sa main glacée dans les miennes et attends l'équilibre thermodynamique s'établir entre nos deux corps. Je constate avec effroi la peau translucide qui l'enveloppe et le parcours sinueux des veines bleuâtres de l'autre côté du tissu cutané. Je reste trente minutes à son chevet, l'esprit préoccupé par les finaux, et par le stress des événements. Je le sens bien aux battements de cœur qui palpitent dans nos paumes, la pulsation de l'un est trois fois plus rapide que celle de l'autre. La symbiose de nos deux organismes s'en retrouve perturbée. C'est ensuite l'appel de mon groupe de projet sur Messenger qui interrompt mon tourbillonnement incessant. Je décroche et passe bien vingt minutes à remettre les choses au clair.

Je vois Nanou agiter son bras inconsciemment dans le vide, comme pour s'agripper désespérément à quelque chose. Le projet est à rendre ce soir, et il n'est pas finalisé.

Je dois rentrer, le devoir m'oblige.

J'éteins la lumière de la chambre, regarde la silhouette de ma grand-mère dans le noir sous les draps, en m'assurant qu'elle ne manque de rien, puis m'en vais en fermant la porte derrière moi.

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