# Posté le mardi 28 septembre
Raphaël m'a tout expliqué.
On s'est appelé, et on a parlé pendant des heures. Enfin, il a parlé. Moi, j'ai tenté de bégayer entre deux crises de larmes. Le temps passe lentement quand on a mal. Ou bien passe-t-il plus vite ? Je n'ai le temps de ne rien faire, car je ne fais que pleurer, et pourtant, ...

Jamais il ne m'a paru aussi froid. Si tout semble soudain, je crois comprendre que ça lui pesait sur le cœur depuis un moment.
Raphaël parle de la distance, mais rejeter tout sur ces quelques kilomètres qui nous séparent serait ridicule. Il finit par parler de moi, et de mes travers. Je m'offusque d'abord, et lui renvoie la balle, avant de fondre en larmes à nouveau en implorant pardon pour mes torts. Il me reproche ma nonchalance, mon comportement volubile et lunatique. Mes crises d'angoisse et d'anxiété, mes troubles obsessionnels du comportement, ainsi que le fait que je n'ai pas consulté un psy. Il me dit que je suis égoïste, et trop centrée sur moi même. Que je ne l'écoute pas, mais que je parle beaucoup.
Il me fait une liste d'exemples, et je fais la sourde oreille. Mais au fond, je sais qu'il a raison. Dans un élan désespéré, je le supplie de me donner une seconde chance. Je tente de le faire culpabiliser. Tu te souviens de nos vacances en Allemagne ? Et de notre dernier Noël, de la peluche Evoli que je t'avais dégotée tout droit du Japon ? De nos séances de jeux de rôles, et de tout ce qu'on a créé ensemble ? Tous les scénarios qu'on a écrits ensemble, les univers que l'on a construits ?
Bien sûr que tu t'en souviens, Raphaël. Mais là où ils sont des souvenirs lumineux pour moi, ils sont un poids pour toi.
Mes plaintes et mes supplications finissent par l'ennuyer, et il me somme de juste le laisser tranquille. Je le supplie encore une fois, et il me raccroche au nez. Bon, celle-là, je l'avais peut-être méritée.
Je me glisse dans mon lit même s'il est deux heures de l'après-midi. Je crois que j'ai TD, mais c'est le dernier de mes problèmes.