# Posté le mercredi 29 septembre

Je suis toujours aussi tétanisé.

Toute la journée, je suis restée dans mon lit, et j'ai pleuré. Ça ne s'est pas arrêté. Je ne pensais pas qu'on avait autant d'eau dans le corps. Je ne pouvais rien faire, j'avais envie de hurler, mais la présence de mes colocs m'empêchait de le faire. J'aurai pû aller les voir, pour chercher un peu de réconfort, mais je ne veux voir absolument personne. Du coup, j'ai écouté de la musique en boucle, en me berçant frénétiquement, enroulée dans mes draps.

The End of Electronics, tu connais ? C'est un groupe de post-punk, cold-wave, soviet-wave, appelle-ça comme tu veux : c'est russe (enfin, biélorusse) et ça pue le constructivisme et le bon vieux temps de l'URSS. C'est beau et triste, et j'ai l'impression d'être nostalgique d'une vie qui n'est pas la mienne. Comme je ne comprends rien aux paroles, j'imagine que ça parle de moi, et bizarrement, je me sens comprise. Je n'ai pas été voir la traduction en ligne. C'est la seule chose qui m'a apporté un peu de réconfort depuis hier soir. Peut-être...

Peut-être parce que c'est la seule chose que je ne partageais pas avec Raphaël : la musique.

Lui aime le rock progressif, moi, tout ce qui s'apparente à la musique gothique des années 80s. Une petite dissonance dans notre couple alors qu'on s'est toujours accordés sur le reste. Ce que j'ai toujours vu comme une aubaine est maintenant ma malédiction : tout ce que je fais me renvoie avec violence son image. Parce que tout ce que j'aime faire, je le faisais avec lui.

Cette rupture n'a pas détruit mon couple. Elle a détruit mes passions

IV