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# Posté le vendredi 24 décembre
Je fais le numéro de Paulette. À l'autre bout du fil, j'entends une voix chaude et grave bien timbrée semblant appartenir à celle d'une dame d'un certain âge qui n'a toutefois pas perdu sa verve.
Au début, elle me considère comme l'un de ces commerciaux qui édulcore ses articles ménagers ou promotions téléphoniques aux petites vieilles de leur répertoires ; jusqu'à ce que je lui énonce le nom de ma grand-mère, et le silence se fait net .
Je lui explique la raison de mon appel, l'état actuel de son amie perdue, et lui demande de faire fi de cette ancienne querelle.
Paulette, alors le ton moins assuré, accepte ma demande. Puis elle me dit qu'elle désirerait la revoir. Je la préviens du fléchissement irrémédiable de sa mémoire, que Nanou ne reconnaît parfois pas même le visage de sa petite fille. Les retrouvailles risquent d'être dures. Paulette acquiesce la gorge nouée. Mais l'envie de revoir une amie qui lui a été si chère devient sa priorité.
Habitant à Paris, non loin du cimetière du père Lachaise, un aller et retour à Compiègne ne serait point chronophage. Sur ce, je lui envoie l'adresse de l'Ehpad, lui propose une heure qui m'est favorable selon mon emploi du temps. Bien que son calendrier soit chargé par la visite annuelle de ses petits enfants, et le festoiement des fêtes de Noël, nous nous retrouverons le 27 décembre, devant l'établissement, vers 17h.
Encore émue de mon appel si imprévisible, elle me remercie de l'avoir contactée et que, malgré les circonstances, cette visite lui fera chaud au cœur.