
Le concept d'anticorps catalytique fut énoncé dès les années 40 par Linus
Pauling, qui suggéra qu'une enzyme est capable d'abaisser la barrière
énergétique de la réaction qu'elle catalyse en se liant de façon
préférentielle à l'état de transition de la réaction plutôt qu'à la
molécule de substrat dans son état de basse énergie.
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Linus Carl Pauling, chimiste |
| Américain, s'est distingué | |
| pour ses travaux sur les | |
| macromolécules organiques | |
| et les liaisons chimiques. | |
Vingt ans plus tard, William Jencks proposa une stratégie pour
l'obtention de nouvelles activités enzymatiques, basée sur la production
d'anticorps dirigés contre un haptène qui mime l'état de transition d'une
réaction donnée.
Une étape décisive dans l'obtention d'anticorps catalytiques fut franchie
par le développement de la technique de production des anticorps
monoclonaux introduite par Köhler et Milstein, qui permet d'obtenir des
préparations homogènes d'anticorps.
Si le premier rapport faisant état de l'activité hydrolytique d'un
anticorps fût publié par le laboratoire de Bernard Green, la
démonstration de la possibilité d'obtenir des abzymes ayant les
caractéristiques d'une enzyme fût apportée simultanément par les deux
groupes californiens de Richard Lerner et Peter Schultz.
Depuis, de nombreux progrès portant sur la conception des haptènes, sur la stratégie d'immunisation ou sur les méthodes de criblage et de sélection ont été faits, permettant d'induire des anticorps ayant des caractéristiques proches de celles des enzymes (voir Revue Stevenson et Thomas-2000).