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  • Abécédaire de l'innovation

    Le second volet de l'abécédaire de l'innovation qui pré­sente les champs de recherche émer­gents de l'UTC.

    Anti­corps synthétiques 
    Big Data
    Com­por­te­ment cellulaire 
    Dislocations 
    Encap­su­lage acoustique 
    Éco­no­mie de Fonctionnalité 
    Ges­tion des actifs physiques 
    Milieux Hétérogènes 
    Interfaces 
    Jeu de for­mu­la­tions pour une ali­men­ta­tion saine 
    Kine­ma­tics of the human body 
    Ludification 
    Micro­sys­tèmes pour micro-usines 
    Réso­nance magné­tique Nucléaire 
    Objets bio­mé­di­caux connectés 
    Pathogénicité 
    Qua­trième révo­lu­tion industrielle 
    Réseaux élec­triques intelligents 
    Sûre­té de fonctionnement 
    Thé­ra­pies vasculaires 
    Usages sociaux des technologies 
    Vision par ordinateur 
    Wikipédiens 
    Struc­tures XXL en condi­tions extrêmes 
    HYdro­gène
    Z : une équa­tion stochastique 
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    Anti­corps synthétiques 
    Anti­corps synthétiques 
    Jeanne Ber­na­dette Tse Sum Bui

    Ce sont des maté­riaux bio­mi­mé­tiques : de minus­cules par­ti­cules de poly­mère mou­lées autour d'une molé­cule cible dont elles conservent l'empreinte. D'où leur pro­prié­té : elles recon­naissent et neu­tra­lisent cette cible exac­te­ment comme le fait un anti­corps avec un agent pathogène.

     

    "Ces anti­corps syn­thé­tiques, qu'on appelle poly­mères à empreinte molé­cu­laire (MIP, en anglais), sont connus depuis long­temps, explique Jeanne Ber­na­dette Tse Sum Bui, du labo­ra­toire génie enzy­ma­tique et cel­lu­laire (GEC) de l'UTC. Mais, au GEC, nous tra­vaillons sur de nou­velles appli­ca­tions. Avec L'Oréal, nous avons par exemple démon­tré qu'ils pou­vaient ser­vir de prin­cipe actif à un déodo­rant, car ils piègent les molé­cules à l'origine des odeurs de trans­pi­ra­tion avant que les bac­té­ries pré­sentes sur la peau ne les dégradent en com­po­sés vola­tils mal­odo­rants." L'intérêt ? S'affranchir des ingré­dients clas­siques des déodo­rants : sels d'aluminium poten­tiel­le­ment toxiques et can­cé­ri­gènes et/ou anti­bac­té­riens qui, à la longue, peuvent per­tur­ber la flore cuta­née ser­vant à lut­ter contre les patho­gènes et favo­ri­ser l'apparition de bac­té­ries résis­tantes. Les MIP, eux,n'altèrent en rien cette flore. Et, quoique micro­sco­piques, sont trop gros pour fran­chir la bar­rière de la peau.

     

    "Les anti­corps syn­thé­tiques sont aus­si très pro­met­teurs dans le domaine bio­mé­di­cal, sou­ligne Jeanne Ber­na­dette Tse Sum Bui. Aujourd'hui, nous cher­chons à les uti­li­ser pour détec­ter les bio­mar­queurs de mala­dies : par exemple, l'acide sia­lique, dont la pré­sence en grande quan­ti­té peut indi­quer un can­cer. L'idée : déve­lop­per des MIP ciblant la molé­cule d'acide sia­lique et y inté­grer un mono­mère fluo­res­cent, qui se colore lorsqu'il est exci­té par une source lumi­neuse. En obser­vant un pré­lè­ve­ment cel­lu­laire incor­po­rant ces MIP au micro­scope de fluo­res­cence, on ver­ra appa­raître des taches de cou­leur dési­gnant cha­cune une molé­cule d'acide sia­lique pié­gée par un MIP. Il devrait donc s'agir d'un moyen fiable pour quan­ti­fier pré­ci­sé­ment les molé­cules d'acide sia­lique et savoir si les cel­lules sont vrai­ment can­cé­reuses."

     

    Mieux : les MIP pour­raient même ser­vir de vec­teurs pour des trai­te­ments ciblés, qu'ils libé­re­raient uni­que­ment sur les tis­sus malades, sans effets secon­daires sur les tis­sus sains. Une piste que GEC entend éga­le­ment explo­rer. En novembre 2017, Ber­na­dette Tse Sum Bui a reçu la médaille de cris­tal du CNRS. 

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